Joshua Hoffine est un photographe américain travaillant sur la peur, la grande, la vraie, celle des enfants qui se noie plus tard dans d’autres cauchemars – d’autres angoisses, moins violents car ouatés par la conscience du réel et de sa raison logique. La peur de la mort, bien sûr, que les enfants personnifient par la vision du monstre, toujours caché – jamais avoué – prêt à enlever la nuit, torture, dévorer au pire.
Il exulte et mets en scène ainsi les craintes restées, refoulées par le bon sens mais jamais vraiment annihilées. Un exutoire, en forme de mises en scène horrifiques, démarche et méthodes proches de celles du cinéma de genre : maquillage outrancier, exagération des tailles et plans en plongée de victimes virginales, pures et innocentes. En mettant en scène ses propres filles, il pousse l’épouvante jusqu’à l’épuisement. Son œuvre a donc quelque chose de cathartique, bien loin de l’horreur pour l’horreur, du sang pour le sang.
Le Monstre a plusieurs définitions, celle-ci en est une, la nôtre en est une autre. Elles ont pourtant toutes quelque chose en commun : la nécessité d’une société à cristalliser ses craintes dans des entités formelles, avec des limites définies de chair et d’esprit pour éviter qu’elles ne se propagent dans l’impossible de l’immatérialité.
Son site internet : http://www.joshuahoffine.com/













